Saison 5

#rétrospective – S01E04: Cravate.

Les semaines passent et on prend de l’assurance. On s’imprègne de l’ambiance, des rituels, de l’esprit d’entreprise. On continue à vider les machines à café, on connaît par coeur le code de notre boisson à 35 cents. 241: Cappuccino avec 2 doses de sucre. J’apprécie ce nouveau quotidien et toutes ces rencontres, bien que je ne me fonds pas dans la masse. Je ne rejoins pas les rires qui suivent les remarques et les blagues racistes et sexistes. Je ne dois pas être la seule, mais c’est peu visible. Je me sens un peu à part et en même temps mon sentiment d’appartenance grandit. Heureusement, dans mon groupe il y a quelques clowns et on se marre bien. Quand les journées sont plus difficiles, on partage quelques frites et ils me soutiennent.

On a reçu notre uniforme et il faut bien dire que ça change tout. On ressemble aux professionnel.le.s que nous sommes entrain de devenir. Quand j’enfile les pièces le matin, l’assurance me gagne et tous mes gestes deviennent chaque jour un peu plus familiers. Je pars en tram conduire des trams et reviens en tram. J’observe le moindre centimètre des motrices, même en étant passagère. Je me demande comment va se concrétiser cette nouvelle vie, quand je serai dans mon dépôt, avec un horaire de travail spécifique. En tout cas, financièrement cela va déjà mieux: on a reçu une avance sociale pour nous permettre de suivre cette formation dans les meilleures conditions. Même si je ressens un peu d’appréhension face à l’inconnu, puis un sentiment étrange d’avoir signé un contrat d’ouvrière après toutes ces années d’employée, je suis certaine de ne rien regretter. Je suis où je dois être.

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Saison 5

#rétrospective – S01E03: Aiguille.

Le réveil a continué de sonner à 6h, chaque matin. Et à ma plus grande surprise, les levers deviennent de plus en plus faciles, malgré les jours qui raccourcissent et le froid qui s’installe. Ça ne me ressemble pas. Je dois avouer que je suis plutôt motivée quand j’ouvre les yeux, à l’idée de retourner au centre de formation. Cette nouvelle vie m’enivre et surtout, je n’ai pas trop le temps de penser à la fatigue. Théorie, découvertes, discussions, rencontres, examens… Les journées filent.

Entre le premier café que l’on partage ensemble et le choco chaud que l’on s’offre à tour de rôle en fin d’après-midi, le temps prend une autre dimension. Surtout, depuis qu’on est parti.e.s sur les rails et qu’on s’est assis.e.s dans un poste de conduite. On en revenait pas quand on nous a annoncé qu’on allait déjà conduire. Et à la barre de notre PCC d’écolage, on ne fait vraiment pas les fier.ière.s. Des journées d’automne sombres et humides, un regard peu affûté. La tête est remplie de théorie mais les gestes sont maladroits, hésitants. Et pendant quelques heures, je me suis demandé ce que je faisais là. Le lendemain, c’était oublié et j’ai rapidement apprécié apprivoiser le véhicule. À tour de rôle avec mon binôme et un instructeur, on arpente les rues de Bruxelles : on observe les quartiers, on glisse avec la pluie, on stresse, on s’marre, on visite les dépôts, les cafétérias, on partage des cafés avec des collègues, on papote… Notre nouveau métier s’infiltre petit à petit en nous.

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Saison 5

#rétrospective – S01E02: Cartable.

2016, deuxième quinzaine d’octobre. Lundi, le réveil sonne à 6h. Mes paupières sont lourdes et la pénombre fraîche me retient sous la couette. J’ai mal dormi, un mélange d’excitation et d’appréhension. Aujourd’hui, je retourne à l’école, et c’est exactement comme je me sens : l’inconnu des prochaines semaines, et qui ne me sera plus étranger dès demain, me serre le ventre. Cela fait des années que je travaille en horaire décalé. Autant dire que je ne suis pas vraiment réveillée quand je monte dans le 55 place Liedts pour rejoindre le centre de formation vers 7h15.

J’arrive à Haren. C’est rempli. Dehors, dedans, ça passe de tous les côtés dans les couloirs. Tout le monde se dit bonjour. Certain.e.s en uniforme. On repère vite les nouveaux arrivés dans le Coffee Corner, on ne sait pas trop où ni comment se mettre. Pendant que les habitué.e.s se prennent un café et discutent joyeusement de leur weekend. Presque pas de femmes. J’ai l’impression d’être adolescente à nouveau et ce quart d’heure d’attente me semble interminable. Les formateurs défilent et repartent avec de petits groupes. Nous sommes les derniers appelés. Je compte : on est six. Cinq gars.

Le responsable RH et sa collègue nous accueille avec chaleur et dynamisme, je commence à me détendre, et il me semble qu’autour de moi aussi. On est briefés sur l’entreprise et l’avenir qui nous attend, on reçoit notre badge, notre pass transports, un lot de manuels et une clé mystique. Puis débarque Fabrice. Un visage doux et accueillant. Je ne sais pas encore qu’il sera mon point de repère, mon référent bienveillant tout au long de mon apprentissage, qui connaîtra des hauts et des bas. Mes épaules se relachent encore un peu plus. Chacun.e se présente, le groupe est diversifié en âge et culture. Ça m’emballe. Il use de son humour pour transmettre la matière et cela fonctionne, ça y est on est lancé.e.s : l’aventure STIB commence !

planches de recherche

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Saison 5

#rétrospective – Saison 1: Pilote

J’ai longtemps choisi de travailler par contrats à durée – courte – déterminée et à temps partiel. Il me faut du temps pour moi, pour mes proches et pour mes projets artistiques. Aussi loin que je m’en souvienne, je n’ai jamais saisi la pertinence de s’arracher à son chez soi, ses activités et celleux qu’on chérit pour aller s’épuiser, courir et stresser, tout ça avec la charge de paraître au top de notre beauté et santé. On se doit également de remplir nos conditions sociales qui me semble-t-il sont en totale contradiction. Comment organiser un mariage, des vacances, se préparer à une naissance, gérer la logistique d’une famille, acheter puis rénover une propriété avec seulement quelques heures par semaine de «  repos  »  ? J’appelle ça une vie anti-vie. Chapeau à chaque personne qui relève ce défi. J’ai choisi la vie et le temps pendant plus de dix années de carrière. 

Et un jour, alors qu’elle était dans mon quotidien depuis longtemps, elle a finit par m’étouffer: la précarité. L’été 2016, j’ai pris la décision de la chasser pour de bon et de, enfin, moi aussi, jouer au jeu du travail CDI temps plein. 

J’ai vu une annonce. J’ai postulé.

C’est alors que Trame est né. 

planche de recherche post pilote
planches de recherche

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Saison 5

Cartes de voeux 2021 exclusives !

Elles sont bel et bien arrivées, il y en a pour chaque préférence: tram, bus ou métro! C’est l’occasion d’envoyer des voeux à vos proches, sur des cartes originales, dessinées à la main et imprimées à Bruxelles sur du papier recyclé. Quoi de plus approprié pour cette fin d’année un peu spéciale?

Nerderlandstalig versie beschikbaar

Cette collection est terminée.