Saison 5

#rétrospective – S02S06: Coups de sonnette et déraillements

L’amour au travail, même post Covid, c’est toujours tendance. Les chiffres sont clairs: sur 2000 personnes sondées, plus d’un tiers a déjà développé un intérêt sentimental particulier pour un.e collègue. Parmi ce tiers, 59% ont fini par avoir une relation amoureuse, ce qui représente 18%, presque une personne sur 5 qui est passée à l’acte*. Et plus l’entreprise est grande, plus le match est possible et plus il est facile d’être discret. Alors, parmi 9000 employé.es à la Stib, vous vous doutez bien qu’il y a des attirances, des sentiments et des passages à l’acte! Et ce qu’on adore, ce sont les bébés 100% Stib 😀

Allez hop, hétéros, homos ou autre: toustes à la machine à café!!

planches originales

J’ai récolté les histoires d’amour auprès de mes collègues et les ai mises en images ❤

* Référence: https://www.rtl.be/info/belgique/economie/tomber-amoureux-au-boulot-est-ce-courant–1365828.aspx

⬇️ ⬇️ ⬇️ (re)découvrez l’article original de mars 2018 : ⬇️ ⬇️ ⬇️

Saison 5

#rétrospective – S03E03: Une étrangère familière

Sur ces trajets que l’on parcourt et répète par centaines, d’un terminus à l’autre, on crée nos habitudes. On sait où achète notre Milky Way ou autre douceur, nos fruits, nos sandwiches et où se boire un bon café. Où prendre le soleil au break et où faire vite fait une course. Aussi, on remarque de suite les changements dans les quartiers: les arbres en fleurs, les travaux finis, les nouveaux commerces ou ceux qui ont fermé.

Surtout, on s’habitue à quelques client.es réguliers.ères. Il y a le cowboy à Anderlecht avec son chapeau, qui nous salue tel un professionnel du Western. Il y a cette famille avec 3 enfants qui prennent leur goûter dans le 81. Ces deux soeurs qui semblent aller au sport. Cette pauvre dame ixelloise qui se shoote à l’éther et empeste tout le tram. L’odieux personnage qui crie et insulte à chacune de ses visites.

Et puis il y cette mamy…

planche originale, mise en couleur avec Photoshop après scan

Elle nous dépose un caramel sur le monnayeur et toque doucement à la vitre si on n’avait pas remarqué sa présence. Elle ne dit mot, personne ne connaît sa voix. Mais elle nous pointe son cadeau du doigt, que l’on reçoit avec fierté et tendresse. Un jour, j’ai changé de dépôt et je ne l’ai plus jamais revue.

⬇️ ⬇️ ⬇️ (re)découvrez l’article original d’octobre 2018, avec la mise en couleurs : ⬇️ ⬇️ ⬇️

Saison 5

Trame était dans l’journal!

Article du Soir, 21-22 mars 2020
Un spray, une lavette et des gants (carte blanche)

Il est 12h, je pars au travail. Comme j’aime le faire, je fais un détour par le Starbucks de Montgomery. Fermé. C’est l’occasion de me rappeler qu’il y a plus éthique comme endroit pour s’acheter un café. Que ça aussi, je pourrais changer après « tout ça ». Je continue ma route avec le tram 25, essayant de garder l’équilibre sans me tenir aux mains courantes, ni aux sièges. Oops, je me suis installée trop près de cette dame. Je recule. Mais zut, j’oublie de respirer dans mon cache-cou ! J’arrive au dépôt d’Ixelles, la porte d’entrée est ouverte pour ne pas avoir à la toucher. Certains collègues maladroits tentent encore de faire la bise ou de serrer la main. On s’assied avec hésitation pas trop près, pas trop loin. On est content.e.s de se voir mais, entre plaisir et prudence, on ne sait pas trop comment se comporter. Je pointe à la badgeuse, le nez et la bouche enfoncés dans mon cache-cou, c’est le début de ma journée.

Mon métier, c’est conductrice de trams. Et comme tout le monde, la routine de mon quotidien s’est vue chamboulée ces derniers jours. Tous mes gestes automatiques et mes habitudes doivent être repensés. Cela devient du sport de calculer quand je pourrai enfin me laver les mains. Remplir les documents administratifs, ranger mes affaires et puis aïe, je toucherai une poignée de porte et ce sera rebelote. Pour mon service, j’ai mes accessoires habituels mais depuis quelques jours, j’en trimballe de nouveaux : un spray désinfectant, une lavette rose en micro-fibres et une paire de gants bleus en latex. Je ne transvase plus mon grand pot de gel hydro-alcoolique dans un plus petit, je l’embarque carrément avec moi, pour en user aussi souvent qu’il me semblera adéquat. Il a d’ailleurs pris la place de ma bouteille d’eau dans mon poste de conduite.

À quoi ressemble à présent mes journées ? Comme pour toutes celles et ceux qui s’aventurent dehors : à un film de science-fiction. Les rues sont vides, mon tram désinfecté ne transporte que quelques personnes, le calme règne, c’est une drôle d’ambiance glauque. Il y a une impression d’invasion zombie, et nous sommes les derniers imprudents à tenter notre chance à l’extérieur. On se fera mordre, ou pas. Et vu que les voyageurs ne peuvent plus m’approcher, encore moins me parler, dans le fond le zombie, c’est peut-être moi… Les lignes et nos horaires sont chamboulés, les collègues ne sont pas présent.e.s pour les remplacements, au bureau les assistant.e.s sont débordé.e.s, il manque des trams sur le réseau mais on fait de notre mieux pour assurer le service.

Je me demandais hier si j’étais inconsciente ou courageuse de venir rouler. Ce qui est certain, c’est que rester chez moi sans rien faire, ça ne nous sortira pas de cette crise. Bruxelles a besoin de nous, alors, les mains desséchées et le regard concentré, je vous l’assure : comptez sur moi !

Malvina Reyns

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⬇️ ⬇️ ⬇️ (re)lisez l’article original sur le site du Soir : ⬇️ ⬇️ ⬇️

https://www.lesoir.be/288757/article/2020-03-20/malvina-conductrice-de-tram-bruxelles-je-me-suis-demande-si-jetais-inconsciente
Saison 5

#rétrospective – S02E04: Sable et minutes

Si il y a bien une question qu’on me pose souvent, c’est à quoi ressemblent mes journées de super pilote de trams.
Je comprends tout à fait que mon travail suscite tant de curiosité, je reste moi-même, après toutes ces années, fascinée et amusée par ce métier! (On enlève le stress, la fatigue et la pandémie). Tous ces véhicules différents, ces lignes, ces rails, ces aiguillages, ces manoeuvres, ces panneaux et ces règles… Il y autant à dire qu’à faire 🙂
Ce qui est drôle, c’est que beaucoup d’entre vous me disent avoir envie de conduire des trams! J’adore voir vos yeux briller quand je vous dis ce que je fais dans la vie! Et je n’oublierai jamais la petite fille qui m’observait conduire, puis en descendant a dit à sa maman « mais moi aussi je veux conduire des trams ».

planches originales

Alors cet article était pour vous, les curieux.ses.
Et pour celleux qui l’ont raté, entrez à votre tour dans la peau d’une conductrice de trams pour 8h de service!
Bon voyage dans Bruxelles!

planches originales

⬇️ ⬇️ ⬇️ (re)découvrez l’article original de décembre 2017 : ⬇️ ⬇️ ⬇️

Saison 5

#rétrospective – Bribe 405: Corona

Il y a pile 2 ans, la plus incroyable des nouvelles nous tombait dessus: une pandémie nous forçait à nous confiner. Et mon souvenir le plus marqué de cette période et ce silence. Ce long et lourd silence. Si notre pluie nationale avait été au rendez-vous, il y aurait eu moins de vide. Oui, le soleil c’était génial, mais pour celles et ceux qui avaient un jardin. Ou un.e chien.ne. Ce confinement, je l’ai passé seule, dans un appartement au milieu de la ville, sans balcon. La nature m’a cruellement manqué. Surtout qu’elle chantait, qu’elle vivait comme jamais. Et elle avait bien le droit, qu’on lui foute la paix quelques mois.

Ce qui m’a sauvée, c’est le boulot. J’y voyais des gens et me sentais utile. Tout le monde à l’intérieur, mais pas nous. Même avec des masques, même de loin, les sourires devinés et les regards chaleureux nous ont fait tenir. Et je me sentais fière, comme bien d’autres, mon métier est essentiel. Alors il était indispensable que je vous raconte comment ça se passait chez nous, dans la grande famille Stib!

Sur le réseau, dans les bus, les trams, les métros.
Dans les dépôts.
Aux dispatchings.
Dans les stations.
À la direction, le personnel de bureau en télé-travail.
De l’angoisse d’être dehors à celle d’être enfermé.es.
Réécoutez les voix de mes collègues dans l’article original, en lien ci-dessous ⬇️

Planches originales, dessin aux marqueurs
Les planches ont été colorées dans Photoshop après scan
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⬇️ ⬇️ ⬇️ (re)découvrez l’article original d’avril 2020 : ⬇️ ⬇️ ⬇️

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